La Lettre Tue Mais L Esprit Vivifie Explication Essay

…car la lettre tue, mais l’esprit vivifie.
(2 Cor 3:6)

Si vous avez un peu de “bouteille” dans le milieu évangélique, vous avez surement déjà dû entendre le verset de 2 Corinthiens 3:6. Il est en effet régulièrement utilisé pour justifier n’importe quelle “interprétation par l’Esprit,” ou bien pour objecter à une lecture trop « directe » de la Parole de Dieu, perçue comme trop conservatrice.

Bien entendu, cette portion de verset a un tout autre sens dans son contexte immédiat. Mais si vous êtes exaspéré de l’utilisation détournée qui est faite de ce passage, sachez que (1) vous n’êtes pas seul, et (2) cetta pratique n’est pas nouvelle.

 

Calvin lui-même dénonçait les ravages de la “méthode d’Origène” en commentant ce passage :

Ce passage a été tordu et interprété de manière profondément erronée, premièrement par Origène, puis ensuite par d’autres… Cette erreur a été la source de bien des maux. Non seulement cela a ouvert la porte à la falsification du sens naturel de l’Ecriture, mais cela a également élevé l’allégorie au rang des plus grandes vertus.

Dès lors, beaucoup d’anciens auteurs ont, sans se restreindre, joué à toutes sortes de jeux avec la Sainte Parole de Dieu, comme s’ils se jetaient une balle les uns aux autres.

Cela a aussi donné aux hérétiques l’opportunité de jeter le trouble dans l’Eglise. En effet, dès l’instant où c’était une pratique acceptée par quiconque voulant interpréter un passage à sa manière, n’importe quelle idée folle, bien qu’absurde ou monstrueuse, pouvait être introduite sous prétexte d’allégorie. (1)

D’ailleurs, Calvin n’était pas franchement très enthousiaste avec la méthode herméneutique d’Origène. Lisez plutôt :

Nous devons… entièrement rejeter les allégories, qu’elles soient d’Origène ou d’autres comme lui, que satan, non sans une profonde subtilité, s’est efforcé de faire rentrer dans l’Eglise dans le but de rendre la doctrine de l’Ecriture ambigüe et destituée de toute certitude et fermeté. (2)

 

Si donc vous êtes découragé par l’usage que l’on fait généralement de ce verset, souffrez donc avec Calvin, et expliquez son sens pourtant (très) clair à vos amis qui s’en servent de manière erronée.

 

 

 

 

 

 

Notes et références

 

(1) Calvin, Commentaire sur 2 Cor 3:6. Traduit de l’anglais, la version française ne nous était pas accessible !!

(2) Calvin, Commentaire Gen 2:8. Traduit de l’anglais, la version française ne nous était pas accessible !!

 

 

 

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Il n'y a pas si longtemps l'on croyait littéralement que Dieu avait créé le monde voici six mille ans, et en six journées de vingt-quatre heures.

Depuis, le champ des connaissances s'est élargi, les religions ont évolué. Cela s'appelle l'ouverture d'esprit. Néanmoins deux écueils sont à éviter :
1) le repli dans les intégrismes, qui caractérise ceux qui prennent les textes religieux fondateurs « au pied de la lettre » et excluent toute étude et recherche sur le sujet
2) le rejet de ces mêmes textes originels par d'autres, au prétexte qu'ils véhiculeraient seulement des mythes.

Le croyant comprend par la Foi qu'une vérité spirituelle peut-être à la fois un mythe ET une réalité. Pour cela il faut admettre que la Sagesse de l'Eternel Dieu Très-Haut ait pu faire s'incarner des vérités divines en certaines individualités. Les miracles attribués à Jésus ou aux saints témoignent, par exemple, que certains êtres sont porteurs de charismes spéciaux. Il n'y a pas d'explication rationnelle à cela. Et à moins d'être un témoin direct on ne peut ni le comprendre, ni l'admettre, si ce n'est par la Foi. Il en est ainsi de la résurrection du Christ.

De la même façon, que l'histoire de Noé soit calquée sur celle du héros sumérien Gilgamesh, ou que la naissance de Moïse reprenne la trame de celle du roi Sargon d'Akkad, en Mésopotamie, ne change rien à l'essentiel. La Bible fait passer un message, il nous revient ensuite de l'interpréter, avec sagesse.

Lire la Bible est une expérience particulière. Sa lecture peut être faite en historien. Elle est composée de documents rares et anciens. Elle peut être aussi parcourue en poète. Elle contient quelques uns des plus grands chefs d'oeuvres de la littérature universelle. Pour le croyant, sa lecture est inspirée, c'est à dire qu'elle révèle des enseignements dont la source est d'origine divine. Comment le sait-on ? Par la Foi, parce que la lecture de ces textes doit être éclairée avec l'esprit et le cœur : « La lettre tue, mais l'esprit vivifie » déclare l'Apôtre Paul dans sa deuxième épître aux chrétiens de Corinthe (2 Cor. 3,6)

Il ne faut pas imaginer la rédaction des textes bibliques comme une dictée de Dieu à un secrétaire. Le ou les auteurs des différents récits ont écrit chacun avec leurs talents, leurs limites, leurs cultures, les connaissances de leur époque, leurs mentalités, etc. Le croyant s'en remet à l'Esprit-Saint pour décrypter le sens profond des phrases. La lecture doit toujours être spirituelle. Il s'agit également d'éviter le piège du fondamentalisme, qui prend chaque phrase : « au pied de la lettre. »

La Bible expose deux récits de la Création. Ils appartiennent aux trois premiers chapitres du livre de la Genèse. En l'état actuel des connaissances, selon l'exégèse moderne, le premier serait le plus récent. Il aurait été écrit au sixième siècle avant Jésus-Christ (entre 587 et 538). C'est le récit des six jours de la Création du monde, texte porté par un immense souffle poétique et liturgique. Le ou les auteurs affirment principalement que Dieu n'est pas à l'origine du mal : « Et Dieu vit que cela était bon ». L'auteur invite également le peuple juif à respecter le sabbat. Pour cela il explique que Dieu a tout créé en six jours, puis s'est reposé le septième de tout l'ouvrage qu'il avait fait.

Parmi les hypothèses sur l'origine du texte, le nom de Moïse revient souvent. Pourquoi pas en effet ? Avec beaucoup de bon sens, le grand prophète qui fut aussi le grand législateur du peuple de la Bible a institué le sabbat. En résumé : six jours pour travailler et un septième pour se reposer (le samedi, pour le peuple de la Bible, jour du sabbat). Pour que l'être humain ne soit pas « une bête de somme », ployant perpétuellement sous le poids du fardeau. L'Eglise a repris ultérieurement l'institution pour l'appliquer aux chrétiens. Aujourd'hui encore, le dimanche est jour férié. Le sera-t-il toujours ? La question n'est pas nouvelle, mais c'est un autre sujet, plus économique.

Il faut reconnaître à Moïse le bon sens de cette mesure, qui témoigne de toute son intelligence. Disposer d'une journée pour avoir du temps pour autre chose : la famille, les amis, la spiritualité, etc. Plus tard Jésus déclarera : « le sabbat a été fait pour l'homme, et non pas l'homme pour le sabbat. » Cela signifie que cette mesure de bon sens ne devait pas devenir, dans la suite des siècles, un carcans religieux. A l'époque de Jésus, tout était interdit ou presque, le jour du sabbat. Alors le sauveur s'insurge contre ces exagérations venues de la bêtise des hommes. Le sabbat comme le « jour du Seigneur » (le dimanche des chrétiens) sont au service de l'homme, pour qu'il vive mieux. Remarquons également que Moïse, avec beaucoup de sagesse, avait étendu le sabbat aux animaux, pour que eux aussi ne soient pas perpétuellement de simples « bêtes de somme. » Appelons cela le respect de la vie.

Toujours selon l'exégèse moderne et en l'état actuel des connaissances, le deuxième récit de la Création, avec l'histoire du jardin d'Eden, Adam et Eve, les fruits de l'arbre de vie, le serpent et le fruit défendu serait le plus ancien des récits de la Création. Il aurait été composé vers 950 avant Jésus-Christ. C'est un texte très riche qui, sous forme de parabole, aborde de nombreuses questions existentielles : D'où venons-nous ? Où allons-nous ? Le libre arbitre, le poison de l'orgueil, le développement de l'intelligence, la grâce divine toujours offerte à l'homme, etc. C'est un texte à méditer plus d'une fois dans sa vie. A chaque lecture, il y a toujours quelque chose de nouveau à relever et à comprendre. Le ou les auteurs ont composé un chef d'oeuvre de la littérature universelle. Texte inspiré doté de nombreuses clefs, il nous appartient de les utiliser à bon escient. Elles ont le pouvoir de nous mener de la connaissance à la sagesse. Il faut pour cela accepter de se laisser guider par l'esprit et le cœur, dans une lecture profondément spirituelle.

Quelle fut la « matière première » utilisée par le ou les auteurs des premiers textes de la Genèse ? La réponse se perd vraisemblablement dans la nuit des temps. Traditions orales, récits légendaires, emprunts à d'autres cultures, génie humain et inspiration divine, il faudrait pouvoir remonter toutes les pistes. Le peut-on aujourd'hui ? Un rapide coup d'oeil sur le site internet de l'encyclopédie Wikipedia montre, par exemple, la complexité d'une telle entreprise. Le lecteur n'en ressort pas forcément mieux informé. Sur le récit de la Genèse, je me suis arrêté sur cette phrase : « Les hiéroglyphes égyptiens et surtout les tablettes cunéiformes sumériennes montreraient que le texte ne serait qu'une adaptation de légendes connues et véhiculées dans tout le monde antique, notamment à Sumer, dans un but hagiographique et pédagogique visant à consolider l'unité du royaume. » C'est un point de vue intéressant, mais où sont les sources ? Quelles tablettes cunéiformes, quels hiéroglyphes ? Cela n'est pas mentionné dans l'article.

Le lecteur de la Bible se souvient que Moïse fut élevé comme prince d'Egypte, jusqu'à l'âge de quarante ans. Il eut le temps de s'imprégner de la culture et des légendes véhiculées par les hiéroglyphes égyptiens. Il peut s'agir d'une hypothèse plausible, mais cela reste à démontrer. Le récit du déluge mentionné aux chapitres six à neuf du livre de la Genèse reprend, quant à lui, des traditions largement répandues en Mésopotamie. C'est un fait reconnu aujourd'hui. Il s'agit de récits épiques rédigés en sumérien sur des tablettes d'argile vers la fin du IIIe millénaire, bien avant la Bible. Les poèmes babyloniens décrivent, autour de l'épopée d'un héros nommé Gilgamesh, les épisodes d'un déluge universel. Dans les textes sumériens anciens Gilgamesh est un personnage de la Mésopotamie antique. Il est présenté comme roi de la cité d'Uruk et aurait régné vers 2650 av. J.-C. On y découvre la trame du récit biblique : décision de détruire l'humanité, avertissement au héros de construire un bateau, embarquement des animaux pour les sauver et libération d'oiseaux lors de la décrue. Tous ces textes, très antérieurs au récit biblique, indiquent qu'il nous reste encore beaucoup à apprendre pour remonter le fil des origines. Mais peut-il en être autrement ?

Avec l'apparition de l'homo Sapiens il y a 35 000 ans environ en Europe (homme de Cro-Magnon) et 195 000 ans environ en Afrique, berceau de l'humanité, la science moderne nous fait faire un pas de géant dans la connaissance de notre Histoire. L'homo Sapiens, c'est nous encore aujourd'hui. Cet individu qui témoigne dès son apparition d'un sens esthétique (peintures des grottes de Lascaux ou d'ailleurs) et de soucis religieux, a colonisé le monde entier aujourd'hui. Mais avant, que se passe-t-il ? Peut-on parler d'humanité ? En l'état actuel des connaissances, oui.

Avant l'homo Sapiens apparaît l'homme de Néanderthal, vers 300 000 av. J.-C. environ. Il connaît son apogée vers 80 000 av. J.-C. et commence à disparaître il y a près de 40 000 ans. Doté comme l'homo Sapiens du langage articulé, il exprime des préoccupations pour l'au-delà et donne à ses morts une sépulture. L'édition Larousse 2010 de l'Histoire du monde écrit : « Il a d'autres pratiques désintéressées : il rapporte à son campements des curiosités naturelles (fossiles, cristaux), grave des marques sur des fragments d'os, fabrique des pendeloques. » Nanti d'un cerveau important (1600 centimètres cubes, contre 1400 pour nous), doté d'une musculature très puissante et d'une isolation thermique naturelle, il était peut-être plus intelligent que nous. Il a pourtant disparu dix mille ans après l'arrivée de l'homo Sapiens en Europe. Et personne ne sait pourquoi.

Si nous remontons le cours des âges, nous découvrons l'homo Erectus. Son volume crânien atteint 1250 centimètres cubes. Il est attesté en Afrique de 1,5 millions d'années jusqu'à 300 000 ans au moins av. J.-C. Le Larousse 2010 de l'Histoire du monde écrit : « C'est cette espèce qui part à la conquête de l'ensemble de l'Ancien Monde, de l'Atlantique au Pacifique. Diverses formes locales sont connues, comme le pithécanthrope de Java ou le sinanthrope de Chine découvert dans la grotte de Chou kou-tien, site préhistorique situé à 40 kilomètres de Pékin. En Europe, une vingtaine d'individus ont été relevés, un des plus anciens provenant d'Espagne, de Venta Micena. » C'est aussi l'homo Erectus qui « invente » le feu.

Toujours plus loin dans l'Histoire apparaît voici 2 millions d'années l'homo Habilis, la première espèce à laquelle les archéologues donnent le nom d'homme. Doté d'une capacité crânienne de 700 à 800 centimètres cubes, il possède un squelette proche de l'homo Sapiens et dispose d'une bipédie quasi parfaite. Il a légué des traces de son intelligence technique par la fabrication des premiers outils de pierre dans les sites africains (Ethiopie, Tanzanie, Kenya).

Avant l'homo Habilis nous trouvons l'australopithèque dont le spécimen le plus connu est la célèbre Lucy (d'après une chanson des Beatles). Ses os ont été découverts en 1974 en Ethiopie. Apparu en Afrique entre 8 et 6 millions d'années, l'ancêtre de l'homme, l'australopithèque est déjà séparé des gorilles et des chimpanzés. Il s'agit d'un bipède de petite taille (entre 1 mètre et 1 mètre cinquante) dont la dentition témoigne d'une alimentation omnivore, même si elle est beaucoup plus végétarienne que l'homo Sapiens d'aujourd'hui.

Le cerveau de l'homo Sapiens actuel est un grand consommateur de protéines, sept fois plus important que celui des autres mammifères de taille comparable. Et bien que notre cerveau ne représente que 2 % de notre poids, il réclame 20 % de notre énergie, contre 9 % chez le chimpanzé... Il a fallu, au cours de notre histoire et pour nourrir ce cerveau indispensable au développement de notre espèce, qu'il ait accès à une grande source de protéines. Sans cet apport de nature vitale, il était impossible au cerveau de se développer.

Retenons également qu'après 6 à 8 millions d'années d'évolution distincte, nous partageons toujours 95 % de notre ADN avec le chimpanzé.

Au cours de l'Histoire et aujourd'hui encore, c'est notre cerveau qui a fait la différence. « Siège de l'âme » selon certains, il faut admettre que si l'on peut actuellement greffer beaucoup d'organes, dont le cœur, il demeure impossible de greffer un cerveau. C'est lui qui pilote notre organisme, « pierre angulaire » de nos tissus vivants. Et selon Jésus dans l'Evangile de Jean : « C'est l'esprit qui vivifie, la chair ne sert de rien. »

Dans la course à la domination du monde, notre cerveau nous a donné, sur les autres espèces, un avantage déterminant dans l'histoire de l'évolution. Créativité, imagination, volonté, esprit de groupe, mise en commun des talents, entraide, l'être humain a dû faire appel à toutes les ressources de son intelligence pour passer le cap de nombreuses difficultés.

Maintenant, interrogeons-nous sur une autre spécificité de l'espèce humaine. Des chercheurs de l'université de Harvard aux Etat-Unis ont voulu étudier s'il y avait un autre facteur, de nature vitale à l'échelle de l'évolution, qui nous aurait donné, en plus de notre cerveau, un avantage supplémentaire dans le long processus de l'évolution.

Selon cette recherche scientifique, l'étude de la morphologie du corps humain révèle, à partir de l'homo Erectus, des caractéristiques physiologiques nouvelles, différentes de l'australopithèque, notre ancêtre semi-simiesque. Le passage au stade humain a doté notre corps d'un équipement spécifique pour la course de fond. A la différence du chimpanzé qui est seulement un animal marcheur et grimpeur, nous possédons un tendon d'Achille. Cela n'est utile que dans la course. Nos pieds sont arqués, avec une voûte plantaire agissant comme un pont suspendu permettant le bond. Ceux de nos lointains cousins sont plats. Notre fessier est important, ce qui est utile dans la course pour maintenir le buste droit, en l'empêchant de tomber en avant. Les chimpanzés n'en ont pratiquement pas. Cela n'est pas utile dans la marche.

Si le corps humain est conçu pour marcher, c'est évident, il est également doté de caractéristiques spéciales pour la course de fond, la course en endurance : un tendon d'Achille qui agit comme un élastique pour emmagasiner et restituer l'énergie dans le bond, un ligament nuchal (propre au groupe des animaux coureurs) qui sert à stabiliser la tête dans la course, enfin un système de refroidissement unique, comparativement aux autres mammifères. Les animaux à pelage se refroidissent entièrement par les poumons et la langue. L'être humain dispose en plus de millions de glandes sudoripares. Le meilleur moteur à refroidissement atmosphérique de l'évolution est dévolu aux humains. La transpiration nous permet d'avancer là où l'animal est obligé de s'arrêter pour éviter l'hyperthermie, et donc la mort par excès de chaleur. Comme les premiers hommes se sont distingués des autres créatures par la position debout, cela leur a permis de mieux respirer, déployer leur gorge et gonfler la poitrine. En résumé, des jambes élastiques, un buste droit, des glandes sudoripares, une peau sans poil, un corps redressé qui cherche l'air et la lumière, notre espèce s'est dotée progressivement de caractéristiques spéciales pour la course de fond.

Pourquoi ? La réponse est simple : la traque des animaux pour assurer la survie du clan, de la tribu. Avant l'invention de l'agriculture et la domestication des animaux - voici 10 000 ans - nos ancêtres chasseurs cueilleurs ne savaient pas le matin s'ils se lançaient dans une traque de 10, 20, 30 ou 40 kilomètres pour chasser le gibier. Dans le désert du Kalahari en Afrique, quelques tribus ancestrales de Bochimans pratiquent encore cette chasse qualifiée aujourd'hui de « chasse à l'épuisement ». Au bout de 20 à 30 kilomètres de traque, l'antilope s'arrête, terrassée par l'hyperthermie. Elle est à la merci du chasseur qui lui porte le coup fatal. Nous pouvons évacuer la chaleur quand nous courons, mais les animaux ne peuvent haleter lorsqu'ils galopent. Les anthropologues ont relevé le même type de chasse à l'épuisement parmi les tribus indiennes (Tarahumaras) du Mexique, chez les Aborigènes d'Australie ou encore parmi les guerriers massaïs au Kenya. Notons d'ailleurs que les kenyans figurent actuellement parmi les meilleurs marathoniens du monde.

L'être humain peut-il encore changer, évoluer aujourd'hui ? C'est fort probable, mais à l'échelle d'une vie d'homme, il est impossible de s'en apercevoir. Il faudrait pouvoir regarder dix mille ans plus loin !

Chrétiens, à la lumière de l'Evangile, nous comprenons que le changement passe par les valeurs venues avec Jésus-Christ. Elles nourrissent l'âme. Elles ont le pouvoir de nous faire grandir en sagesse. C'est là, me semble-t-il, le cœur du problème aujourd'hui. En préparant ce dossier, j'étais surpris de découvrir que l'homme de Néanderthal se préoccupait déjà de l'au-delà et offrait la sépulture à ses morts. Les pensées de ces lointains ancêtres n'étaient certainement guère différentes de celles de l'homme moderne. Qui sommes-nous ? Où allons-nous ? Cela fait sans doute très longtemps que l'humanité en devenir se pose ces questions.

Quel sens donnons-nous à notre vie ? Dans le mot évolution, il existe la perspective du mieux. On veut d'ailleurs toujours le meilleur pour ses enfants, qu'ils soient heureux. Cela est-il encore possible aujourd'hui ? Nous serons bientôt neuf milliards d'humains. C'est un énorme défi à relever : nourriture, bien être, santé ; et le vivre ensemble.

Le libre arbitre nous est donné. Nous avons à faire des choix. Notre prodigieux cerveau nous a permis de marcher sur la lune, il a aussi engendré la bombe atomique : lumière d'un côté, ténèbres de l'autre. L'Histoire continue, et nous avec.


** Sources utilisées pour la rédaction de cet article :
- Théo - Nouvelle encyclopédie catholique - Editions Droguet-Ardan - 1989
- Encyclopédie internet Wikipédia - fr.wikipedia.org - mots clefs - Genèse - Gilgamesh - Sumer - Sargon - Moïse
- Histoire du Monde - L'Antiquité - Larousse 2010
- Les cahiers Science & Vie - numéro d'août 2012 - Les religions du Livre - Comment tout a commencé
- Documentaire « Sommes-nous faits pour courir ?» diffusion télévisée sur Arte en septembre et octobre 2012 - visible actuellement sur internet à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=ze524hvTRLs
- Born to Run (né pour courir) - Christopher McDougall - Editions Guérin - 2012
- Courir avec les Kényans - Adharanand Finn - Editions JC Lattès - 2012
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